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![]() Page du manuscrit original d'Atenaide |
Pendant que sa carrière à Venise est couronnée d'un indiscutable succès, Vivaldi tente, à partir de 1718, de conquérir Florence. Au terme de dix années de relations ombrageuses, le triomphe d'Atenaide livre enfin la capitale toscane au Prêtre Roux. Le 29 décembre 1728, le prestigieux Teatro della Pergola accueille la création d'un des opéras les plus aboutis du compositeur, avec la célèbre cantatrice Anna Giro, protégée de Vivaldi, dans le rôle titre. Atenaide, intrigue byzantine d'un style profondément original et d'une formidable richesse musicale, donne lieu à une collection d'airs d'une densité unique, composés pour l'occasion ou empruntés aux opéras les plus récents de Vivaldi - et l'on retrouve ainsi le célèbre "Nel Profondo" d'Orlando furioso, créé deux ans auparavant.
L'Edition Vivaldi offre à cet opéra son premier enregistrement mondial, avec une distribution vocale exceptionnelle : Sandrine Piau dans le rôle-titre pour sa troisième contribution à l'Edition Vivaldi après notamment le très remarqué disque In furore, les grandes vivaldiennes Nathalie Stutzmann, Vivica Genaux et Guillemette Laurens, la révélation Romina Basso et les confirmés Paul Agnew et Stefano Ferrari. Le tout sous la direction du fabuleux Federico Maria Sardelli, éminent chef d'orchestre vivaldien, qui réalise ici le rêve émouvant d'enregistrer Atenaide chez lui, à Florence, au sein même du théâtre où l'opéra fut créé il y a 279 ans. "Le 29 décembre 1728, la création d'Atenaide au Teatro di Via della Pergola marquait une étape majeure dans les rapports de Vivaldi avec le prestigieux théâtre de Florence. Le Prete Rosso retrouvait alors pour la troisième fois une scène dont son Scanderbeg avait célébré la solennelle réouverture au mois de juin 1718, au terme de près de trente années de fermeture. La relation orageuse unissant Vivaldi au marquis Luigi degli Albizzi, pittoresque impresario administrant la Pergola au nom de l'Accademia degli Immobili, n'avait cependant jamais permis à cette collaboration de s'institutionnaliser. Les solides et irréductibles personnalités du Vénitien et du Florentin, exprimées dans une correspondance aussi âpre que piquante, avaient très tôt écarté tout espoir de relations paisibles, et chaque invitation de Vivaldi à la Pergola fut en conséquence le résultat de circonstances exceptionnelles. Huit ans après Scanderbeg, seule la crise économique incita Albizzi à faire à nouveau appel au plus fameux des compositeurs vénitiens, afin de renflouer les caisses de son théâtre. Ce calcul, témoignant de l'estime dont Vivaldi était l'objet dans la capitale toscane, s'était avéré habile puisque l'Ipermestra vivaldienne créée au cours du carnaval de 1727 à la Pergola, avait été un triomphe dont l'abbé Conti s'était fait le témoin dans une lettre à la comtesse de Caylus : « Vivaldi, écrivait le 23 février 1727 le savant vénitien, a fait 3 opéras en moins de 5 mois, 2 pour Venise, et le 3e pour Florence. Ce dernier a rétabli le théâtre Toscan et fait gagner beaucoup d'argent à l'impresario ». La commande d'Atenaide fut la conséquence manifeste de ce spectaculaire succès. Une seule saison de carnaval s'était en effet écoulée entre Ipermestra et la nouvelle invitation à Florence du Prete Rosso, attestant qu'Albizzi escomptait bien renouveler le succès de son opération. Son intérêt croisait celui de Vivaldi qui, à nouveau en froid avec les théâtres de Venise, trouvait un compte avantageux dans cette nouvelle commande hors de la Sérénissime. Mais l'histoire, capricieuse, ne devait pas se renouvelerŠ " Extrait du texte de présentation de Frédéric DELAMEA |
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Eudossa (Eudoxie), qui s'est enfuie d'Athènes avec son père, le philosophe Leontino, et a trouvé refuge à Byzance, alors romaine, pour échapper aux assiduités de Varane, prince de Perse, est sur le point d'épouser l'empereur d'Orient Teodosio (Théodose).
Cette union a reçu l'approbation chaleureuse de Pulcheria (Pulchérie), soeur de l'Empereur. La veille des noces, Varane se rend à Byzance, soupirant vainement pour sa bien-aimée qu'il connaît sous le nom d'Atenaide. Teodosio, demeuré reconnaissant envers le père de Varane et désireux de nouer un lien durable entre les deux familles, voit dans cette arrivée l'occasion de marier sa soeur Pulcheria. Celle-ci, toutefois, est déjà courtisée par Marziano (Marcien), un général byzantin qui, de par son rang social, ne peut prétendre à une union avec la princesse, et que Teodosio, pressentant un danger qui pourrait menacer ses plans, envoie chercher la gloire et les lauriers contre les armées bulgares. Pulcheria est, de plus, l'objet des assiduités de Probo (Probus), préfet du prétoire ; celui-ci, rejeté par Pulcheria, décide que s'il ne peut obtenir sa main, Marziano ne l'aura pas non plus... Teodosio accueille Varane à bras ouverts et, fièrement, lui présente sa future épouse. Varane et Eudossa/Atenaide ne peuvent cacher leur surprise. Teodosio est profondément peiné de découvrir que celle qu'il doit épouser a déjà eu une relation amoureuse avec un autre ; mais, faisant passer la raison au-dessus de ses passions, il propose à Eudossa de décider elle-même : à celui qu'elle aime le plus, elle fera don d'un précieux joyaux qu'il lui remet. Eudossa n'hésite pas un instant : Teodosio, qui l'a accueillie et aimée avec respect dès le premier jour, est bien celui des deux qui mérite son amour. Elle en fait part à Probo et lui confie la bague pour qu'il la remette à l'Empereur. Mais Probo, voyant là l'occasion rêvée d'atteindre son but, trahit la confiance de Teodosio et remet la bague à Varane, lui conseillant néanmoins, compte tenu de la situation, d'enlever la belle Atenaide, de peur que Teodosio ne change d'avis. Croyant que sa bien-aimée s'est prononcée en faveur de son rival, Teodosio bannit Atenaide stupéfaite, sans lui donner la moindre explication. Celle-ci, rejetée également par son amie Pulcheria, décide de s'enfuir une fois encore avec son père Leontino, mais Varane la surprend et l'enlève aussitôt. Leontino donne l'alerte. La ruse de Probo est découverte et Marziano, qui n'a pas encore quitté Byzance, incapable de se séparer de sa chère Pulcheria, parvient à redresser la situation en délivrant Eudossa des griffes de Varane et en la rendant à Teodosio. Nicholas HUNT |
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Antonio Vivaldi 1678-1741 Atenaide RV 702 Dramma per musica in tre atti Libretto di Apostolo Zeno Teatro della Pergola, Firenze 1728 Edizione critica dell'Istituto Italiano Antonio Vivaldi a cura di Alessandro Borin Istituto Italiano Antonio Vivaldi : Fondazione Giorgio Cini, Venezia
Sandrine Piau soprano ATENAIDE/EUDOSSA
Modo Antiquo
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CD 1 (76'13)
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CD 2 (75'27)
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CD 3 (68'15)
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